Acrylique - 90/70 - 1993

Amazones


 © Doffigny 

 

Que reste-t-il de guerrier et de viril à cette très charmante amazone, parée comme pour son premier bal ? Seules restent la symbiose avec le cheval, la confusion subtile des contours, et surtout une commune transparence.

Tout concourt ici à réunir (mais dans quel but ?) des catégories contraires. Autant le marécage et sa moisissure géante de champignons figurent l’impur, autant la blancheur de la jeune fille et de sa monture incarnent l’innocence. Croupissement d’une part, élan de l’autre. Le réel contre le rêve.

La carnation du visage de la femme-enfant, vive à souhait, comme l’opacité de sa chevelure éployée, fait exception à la règle de transparence et à la tonalité angélique. Serait-ce que le peintre ait négligé un instant la fantasmagorie pour le portrait ?  

Texte de Léon Somville