Acrylique - 50/40 - 1995

Jugement


 © Doffigny 

 

Quand un tableau est inspiré par un texte aussi obscur que l’Apocalypse de Jean, il assume le (beau) risque d’être comme son modèle : secret, allusif, hermétique. 

« Ensuite parut un grand météore : une Dame enveloppée dans le soleil… » (XII, 1).

Casquée des mèches dorées du feu cosmique, portant le signe de l’aigle qui lui vint en aide dans sa lutte contre le dragon, la femme aux traits impassibles nous regarde de ses yeux de flamme. Sept lumières, dont l’une, symbolique, émane du personnage lui-même. La blancheur du linge formant collerette se replie en vagues successives.  

Le titre « Jugement » renvoie-t-il au châtiment des ennemis de la foi ? Ou à la pure conscience de soi ?

La réponse est en nous-mêmes. Sitôt peint, le tableau s’éloigne de son auteur, qui n’en détient plus la clef. L’ambiguïté n’est pas près d’être levée.

Texte de Léon Somville